
LES AMIS DE L’HISTOIRE DE SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS
" CLIN D'OEIL "
Découvrez dans cette nouvelle rubrique mensuelle un fait divers, une anecdote ou un personnage lié à Sainte-Geneviève-des-Bois ou ses environs.

SEPTEMBRE 2026
Qui sauve une seule vie sauve le monde entier*
Lorsque, durant la seconde guerre mondiale, les nazis traquèrent les personnes de confession juive pour les persécuter et les anéantir, de simples citoyens qui n’étaient pas juifs refusèrent ce génocide.
En 1953, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah, Yad Vashem, fut créé à Jérusalem et, en 1963, une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël fut chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations » à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, avaient aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. Ces personnes devaient avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.
Depuis 1963, Yad Vashem a décerné le titre de « Juste parmi les Nations » à plus de 29 000 personnes dans le monde, dont plus de 4 400 en France. Leurs noms sont inscrits par pays sur le mur d’honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem, à Jérusalem.
A Paris le Mur des Justes, dans l’Allée des justes donnant sur la rue Geoffroy Lasnier dans le 4e arrondissement, rend hommage à tous les Justes de France dont le nom est connu.


Le mur des Justes à Paris
Sainte-Geneviève-des-Bois y est représentée par le biais de Lucienne et Pierre Lagarde, à qui Yad Vashem a décerné le titre de Juste parmi les Nations le 31 janvier 1994 pour avoir sauvé la petite Marlène Fellman.

Voici l’histoire du sauvetage de cette petite fille par le couple Lagarde tel qu’il figure sur le site internet de Yad Vashem (dossier n°5969) :
La famille Fellman habitait Paris. Ces Juifs qui n’avaient pas la nationalité française couraient le plus grand danger dans la capitale occupée. Le 4 août 1942, Esther Fellman mit au monde une petite fille, prénommée Marlène. Son mari fut arrêté quelques jours plus tard et la jeune femme se retrouva seule et sans ressources avec le bébé. M. Fellman réussit à s’échapper et à gagner la zone sud. Esther décida de ne pas tenter de franchir la ligne de démarcation et d’attendre à Paris le retour de son mari. L’un de ses voisins, M. Portal, voyant sa détresse, lui proposa d’aller se cacher en grande banlieue, à Sainte-Geneviève, où il possédait un entrepôt, situé dans une cour appartenant à sa sœur et à ses voisins, les Lagarde. Esther refusa de quitter Paris avant le retour de son mari mais accepta de confier son bébé aux Lagarde. Elle espérait le rejoindre en compagnie de son mari. Au début du mois de janvier 1943, Marlène, qui avait tout juste cinq mois, fut emmenée à Sainte-Geneviève. Les Lagarde et leur fils de dix ans s’occupèrent avec chaleur et dévouement du bébé, qui était chétif et maladif. Un mois plus tard, en février 1943, Esther Fellman fut arrêtée et déportée. Elle périt dans les camps. Marlène resta chez les Lagarde; elle appelait Lucienne « maman » et Pierre « tonton ». Enfant rieuse, elle grandit dans une ambiance chaleureuse. A la Libération, son père rentra à Paris. Malade, profondément déprimé, il était incapable de s’occuper de sa fille qu’il n’avait pas vue depuis sa naissance. Ce n’est qu’en 1949 que, rétabli et remarié, il put reprendre sa fille. Marlène continua à correspondre avec les Lagarde. Plus tard, elle émigra aux Etats-Unis, où elle se maria. Malgré la distance, elle téléphonait chaque semaine à « tonton » Lagarde et les enfants de son « frère » la considéraient comme leur véritable tante.


Le nom de Pierre et Lucienne Lagarde sur le mur d’honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem, à Jérusalem
A côté des Justes reconnus par Yad Vashem, de nombreux autres sont restés inconnus pour diverses raisons.
Le 18 janvier 2007, dans la Crypte du Panthéon, le Président Jacques Chirac, sur une proposition de Simone Veil, donnait aux Justes de France, reconnus ou restés anonymes, une place légitime auprès des grandes figures de notre pays. Il y fit inscrire leur action collective par ces mots :
« Sous la chape de haine et la nuit tombée sur la France dans les années d’occupation des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre . Nommés « Justes parmi les Nations » ou restés anonymes des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. »

Le 12 juillet dernier, le Président Macron , dans son discours d’inauguration du monument à Alfred Dreyfus, souhaitait « que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie », en appelant « toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise ».
Signaler par une plaque la maison ou la rue** où le couple Lagarde permit à une petite fille juive de survivre à la guerre et de connaître une vie de famille aimante à Sainte-Geneviève-des-Bois serait une belle reconnaissance du courage et de l’abnégation de ce couple.
* Cette phrase issue du Talmud est gravée sur la médaille remise aux Justes parmi les Nations.
** Les Lagarde habitaient rue de Sainte Geneviève, devenue le 12 octobre 1944 l’avenue Georges Pitard.

Sources:
- https://yadvashem-france.org/
- https://www.paris-pantheon.fr/enseignants/lycee/les-justes-parmi-les-nations-de-france
Marlène Rosenthal née Fellman recevant la médaille de la ville de Sainte-Geneviève-des-Bois, en compagnie du petit-fils du couple Lagarde
AOUT 2026
Sainte-Geneviève-des-Bois vue par Paul Allorge
Parmi les différents éditeurs de cartes postales de la fin du 19e et du début du 20e siècle, Paul Allorge tient une place particulière pour qui aime l’Essonne.
Né en 1858 à Montlhéry dans une famille de cultivateurs et marchands de grains, Paul Allorge, après des études à l'école des Beaux-arts de Paris, eut plusieurs cordes à son arc.
Architecte diplômé en 1889, il construisit notamment plusieurs villas en banlieue parisienne (à Corbeil, Ablon, Villeneuve-Saint-Georges, Linas), le monument des enfants du pays morts pour la Patrie à Lardy, l’école Graillot à Montlhéry ainsi que l’hôtel de Ville de Corbeil en collaboration avec un autre architecte.
Il fut également professeur de dessin industriel dans les écoles supérieures de la Ville de Paris, et directeur de l'École de dessin de Juvisy qu’il fonda.
Membre de plusieurs sociétés savantes de Seine-et-Oise au sein desquelles il fit de nombreuses communications, il collectionna dessins, gravures, brochures et livres sur Montlhéry et ses environs, puis sur le Hurepoix, Versailles et toute la Seine-et-Oise. Il en étudia et dessina les monuments dont il réunit les eaux-fortes dans un ouvrage. Il devint aussi photographe.

Paul Allorge
Paul Allorge décida d'éditer ses propres cartes postales de Seine-et-Oise, sous la marque Seine-et-Oise Artistique et Pittoresque. On lui doit de nombreuses séries consacrées commune par commune à cet ancien département. C’est principalement pour cette activité que son nom est connu aujourd’hui.
Paul Allorge mourut en 1918. Son corps repose dans le tombeau familial au cimetière de Montlhéry.


La marque au verso des cartes postales
Logo de la marque Seine-et-Oise Artistique et Pittoresque parfois apposé au recto des cartes postales
Il reprend la forme du département de la Seine-et-Oise avec les initiales de Paul Allorge
Chaque série de cartes postales de la collection de Paul Allorge consacrée à une commune porte un numéro spécifique.
En ce qui concerne Sainte-Geneviève-des-Bois, il s’agit principalement de la série C L 16 ou C l 16 mais aussi pour certaines cartes liées au quartier du Perray (appelé Perray-Vaucluse sur ces cartes) des séries C l 11 et C a 16.
La série C l 6 quant à elle se rapporte à l'asile et au domaine de Perray-Vaucluse, à cheval sur 3 communes dont Sainte-Geneviève-des-Bois.
Une carte de la série consacrée à Sainte-Geneviève-des-Bois nous montre Paul Allorge mesurant la borne royale n°16 en 1907. Paul Allorge a plusieurs fois dédicacé cette carte, laissant un témoignage émouvant de ses activités et de son intérêt pour l’histoire du département.
Il s’agit également de l’une des rares traces de cette borne, qui n’était alors pas encore inscrite au titre des Monuments Historiques (inscription en 1931) et qui a depuis malheureusement disparu.

Carte postale de la collection Paul Allorge montrant ce dernier avec la borne n° 16 à Sainte-Geneviève-des-Bois
Comme pour la borne n° 16, de nombreuses cartes de Paul Allorge montrent des lieux et des paysages disparus, faisant de ses collections de cartes postales des témoins très précieux d’un temps révolu.
Les clichés de la collection de Paul Allorge ont parfois été réutilisés par d'autres éditeurs, ce qui explique la similitude entre les cartes postales portant son nom et celles portant celui d'autres éditeurs.
Vous pouvez consulter la cinquantaine de cartes postales de Sainte-Geneviève-des-Bois et de Perray-Vaucluse de la collection de Paul Allorge que nous avons pu rassembler via ce lien.
Malheureusement nos séries sont incomplètes, même s’il est possible que certaines cartes prévues n’aient en fait pas été réalisées. Si vous souhaitez partager avec nous des cartes de Paul Allorge concernant Sainte-Geneviève-des-Bois et Perray-Vaucluse absentes de notre collection, ce dont nous serions très heureux, vous pouvez nous en envoyer le scan ou la photographie à l’adresse mail de l’association : amishistoiresgdb91@gmail.com.
Sources :
- Histoire et actualités de Milly-la-Forêt
- Dictionnaire des élèves architectes de l’école des beaux-arts de Paris
- Dictionnaire biographique et album de Seine-et-Oise
- France Archives Paul Allorge : Clichés sur plaques de verre
- Wikimedia commons: Logo Paul Allorge
- CPArama.com: Logos des éditeurs de cartes postales anciennes
- Cartes postales de Paul Allorge : Archives départementales de l’Essonne en ligne, Cartorum et collections privées
JUILLET 2026
Que d’eau, que d’eau !
Des catastrophes naturelles endeuillent régulièrement la France ou d’autres pays, parfois d’une ampleur telle que seule la solidarité internationale peut y faire face.
Le 23 juin 1875, de terribles inondations, conséquence des crues de la Garonne et de ses affluents, dévastèrent le midi de la France, détruisant ponts et maisons, tuant bêtes et hommes. Toulouse fut particulièrement touchée. Ces inondations firent plusieurs centaines de morts et plusieurs dizaines de milliers de sans-abris, et des dégâts estimés à plusieurs dizaines de millions de francs.
Les jours suivant la catastrophe, un appel à la solidarité fut lancé, et des souscriptions furent mises en place, auxquelles participèrent en masse particuliers, entreprises et administrations, riches et pauvres, français et citoyens de nombreux pays.

Le faubourg Saint-Cyprien à Toulouse après la crue
Notre commune, bien qu’ayant un budget modeste, ne fut pas en reste et participa à cet élan de solidarité. Dès le premier conseil municipal suivant la catastrophe, le 10 juillet, un don, conséquent au vu des finances génovéfaines, ainsi qu’une souscription furent votés après intervention du Maire Hyppolite Cocheris :
« M. le Maire rappelle au conseil les désastres occasionnés par les inondations dans le midi de la France et la nécessité pour la commune de Ste Geneviève de se joindre à toutes les communes de France pour montrer une fois de plus les liens de solidarité qui les unissent entre elles.
Le conseil :
Vu la lettre de M. le Préfet en date du 5 juillet 1875,
Considérant la nécessité de venir en aide aux communes ravagées par l’inondation,
Vu M. le Maire en ses conclusions,
Délibère :
Une somme de cent francs est mise à la disposition de M. le Préfet pour être envoyée immédiatement au comité présidé par Mme la Maréchale de Mac Mahon.
Une souscription sera ouverte à la mairie du 12 au 22 juillet et les sommes versées entre les mains de Mr le percepteur de Longpont. »

De nombreuses souscriptions étaient versées à un comité central dont la présidente était Elisabeth de Mac Mahon, femme du président de la république le maréchal Patrice de Mac Mahon.* On peut trouver le détail de la plupart des dons versés à ce comité dans le Journal Officiel de l’époque, qui publiait chaque jour une liste des donateurs ainsi que le montant versé.
En-tête des listes de dons dans le Journal officiel
Toutefois, parfois les sommes recueillies ne sont pas détaillées et seul un montant global versé au trésor public à une certaine date par un département ou un arrondissement figure dans cette publication. C’est probablement le cas pour la souscription ouverte auprès des génovéfains, comptée avec celles recueillies dans d’autres communes du département, car on ne trouve pas le nom de notre commune et de ses donateurs dans les listes publiées. Cette information n’étant pas non plus disponible dans les archives communales, nous ne saurons probablement malheureusement jamais quelle somme fut recueillie par le biais de cette souscription.
L’inspection académique de Seine-et-Oise organisa également une collecte auprès des écoles du département. L’école publique de garçons de Sainte-Geneviève-des-Bois recueillit 8,80 francs, et l’asile (équivalent de l’école maternelle) 12,60 francs :

Journal Officiel du 30 juillet 1875, souscriptions pour les inondés
La souscription nationale recueillit en quelques mois plusieurs dizaines de millions de francs pour les zones dévastées. Elle atteignait déjà plus de 22 millions de francs** seulement 2 mois après la catastrophe.
En participant à ce formidable élan de solidarité, Sainte-Geneviève-des-Bois et ses habitants firent preuve d’empathie et de compassion afin d’aider dans la mesure de leurs modestes moyens leurs semblables qui avaient tout perdu.
Notes :
* Le président Mac Mahon se rendit à Toulouse le 26 juin afin de constater les dégâts causés par l’inondation, et aurait dit à cette occasion « Que d'eau, que d'eau ! » Ce à quoi le préfet lui aurait répondu : « Et encore, Monsieur le Président, vous n’en voyez que le dessus… ! »
** cette somme recueillie en 2 mois équivaudrait aujourd’hui à plus d’une centaine de millions d’euros.
Tous nos remerciements à Madame Céline Tortolano du service des archives de la ville de Sainte-Geneviève-des-Bois pour son aide dans la recherche de documents liés à la souscription dans les archives communales.
Sources :
- Comptes-rendus du Conseil Municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois de l'année 1875
- Gallica et Retronews : Journaux Officiels de juillet, août et septembre 1875
- 23 juin 1875 les crues catastrophiques du midi de la france vues par la presse
- 1875 une crue historique de la garonne
JUIN 2026
Quand Sainte-Geneviève voulait sa gare
La Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, l’une des cinq grandes compagnies privées de chemin de fer à l’origine de la SNCF, fut créée en 1838 mais ne desservit d’abord que Corbeil via Juvisy, puis atteignit Orléans en 1843.
En 1869, elle desservait les communes d’Epinay-sur-Orge et de Saint-Michel-sur-Orge, mais ne marquait toujours aucun arrêt entre les deux, à la déception du conseil municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Extrait de la carte du chemin de fer de Paris à Orléans en 1843 par A.H. Dufour (les flèches désignent les stations).
Celui-ci, lors de sa réunion du 15 juillet 1869, souhaita remédier à cette lacune en présentant tous les avantages d’une telle gare pour les voyageurs, pour l’asile de Vaucluse, pour la commune et celles environnantes, et même pour Paris :
« Monsieur le Maire fait ressortir les avantages pour la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois d’une gare qui serait construite au hameau du Perray puisqu’elle desservirait une partie de la commune et qu’elle se relierait au chemin numéro 5 (1) pour lequel elle a emprunté une somme de 20 000 francs.
Le conseil municipal,
Considérant que cette station se trouverait à 40 ou 50 mètres de la ferme et du vaste parc de Vaucluse et à cinq ou six cents mètres de l’établissement même et sur une bonne voie qui y conduit,
Vu l’avantage pour les communes (2) de Sainte-Geneviève-des-Bois, Villiers-sur-Orge, Le Perray, Ballainvilliers, la Ville-du-Bois, le Mesnil, Villebouzin et les Granges,
Considérant que la belle vallée de l’Orge est, vraiment, déshéritée au point de vue des communications, car, soit que les voyageurs s’arrêtent à la station d’Epinay ou à celle de Saint-Michel, ils ont à contourner les vastes propriétés de Vaucluse et de Lormois,
Considérant que les communes dont le sol fertile pourrait rendre de grands services à la Capitale (3) ne demandant qu’à s’élever au niveau de leurs voisines et que le manque de voies de communications faciles et rapides s’oppose seul à leur élan,
Emet le vœu qu’une nouvelle station soit établie au Perray. »
Il est toutefois précisé dans ce compte-rendu que « La présente délibération n’est prise et ne peut avoir son effet que si le département ou l’état accorde le secours de 18 480 francs indiqué par la circulaire de l’agent voyer en chef (4) du département de Seine-et-Oise en date du 12 mai 1869. »
En effet la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois, à l’époque un village d’environ 300 habitants, était très pauvre et ne pouvait réaliser la plupart de ses projets qu’en obtenant des fonds ou des prêts.
Il semble que ce secours n’ait pas été accordé malgré tous les arguments présentés puisqu’il faudra encore 10 ans pour que l’Asile de Vaucluse, qui souhaitait également l’ouverture d’une gare, parvienne à un accord avec la compagnie de chemin de fer de Paris à Orléans pour la construction d’une halte devant l’Asile, en donnant le terrain et 50 000 Francs.

La gare (après 1902)

Place de la gare
La gare, qui porta le nom de Perray-Vaucluse jusqu’en 1934 avant de prendre celui de Sainte-Geneviève-des-Bois (on peut encore voir son nom initial sur les pignons de la gare) fut mise en service le 3 janvier 1881, répondant finalement au souhait émis par la commune 12 ans auparavant.
Notes :
(1) Chemin numéro 5 : actuelle rue Gabriel Péri.
(2) Certaines des communes citées ne sont en fait que des hameaux, notamment Le Perray. Cependant, les citer comme communes permettait probablement de rendre la présence d’une gare encore plus nécessaire.
(3) Au XIXe siècle, Paris était approvisionné en fruits et légumes par l’Ile-de-France.
(4) Agent voyer en chef : Fonctionnaire, il dirigeait, sous la tutelle du Département à partir de 1867, le service vicinal, responsable de la gestion et de l’entretien des voies locales, dont les voies de chemin de fer d’intérêt local.
Sources :
- Comptes-rendus du Conseil Municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois de l'année 1869
- France Archives
- Carte de A.H. Dufour extraite du "Chemin de fer de Paris à Orléans" (par E. TAVARD, édité en 1843 chez Gervais, libraire-éditeur) : Wikimédia Commons
- Cartes postales anciennes : collection privée

MAI 2026
La piscine d'une face à l'autre
Dans les années 1970, de nombreuses piscines sont construites suite au projet national d'équipement du territoire en piscines municipales lancé par le secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports en 1969.

La piscine municipale de Sainte-Geneviève-des-Bois est inaugurée les 25 et 26 septembre 1971, avec bal, feu d’artifice, soirée dansante et la participation de Guy Béart, un auteur-compositeur-interprète très populaire à l’époque.
Une carte individuelle donnant droit à un tarif préférentiel pour les Génovéfains est mise en place par la municipalité.

La piscine fait la joie des habitants de notre commune et des alentours de 1971 à février 2008, lorsque l’Espace Nautique financé par la communauté d’agglomération ouvre ses portes de l’autre côté de la rue Léo Lagrange.

Le coût de sa destruction étant très élevé, l’ancienne piscine municipale est conservée et devient alors la Piscine d’En Face, abritant un espace collaboratif rassemblant des entreprises de l'économie solidaire, des associations et des artistes mais conservant de nombreux éléments intérieurs de l’ancienne piscine (mosaïque, plongeoir,….).


La Piscine d’en Face, avec sa façade peinte inspirée de « la grande vague de Kanagawa, estampe du peintre japonais Katsushika Hokusai, a été inaugurée les 9 et 10 février 2019.

Sources :
- Site des Archives Départementales de l’Essonne https://archives.essonne.fr
- Site de la ville de Sainte-Geneviève-des-Bois https://www.sgdb91.com
- Collection privée
- Wikipedia
- Metropolitan Museum of Art
AVRIL 2026
Les hannetons
Avec le retour des beaux jours, nous pourrons bientôt observer de gros insectes volant maladroitement au crépuscule, des hannetons fraîchement sortis de terre après plusieurs années passées dans le sol sous la forme de vers blancs.
Depuis des siècles les hannetons, sous leur forme adulte mais encore plus sous leur forme larvaire, sont connus pour causer de gros dégâts aux végétaux, à tel point qu’ils furent même parfois jugés et excommuniés au Moyen-Age. Malgré l’introduction de moyens de lutte biologique à partir de la fin du XIXe siècle puis d’insecticides de synthèse ayant considérablement réduit leur nuisance, ils ravagent encore parfois les cultures et les bois sans toutefois l'ampleur des dégâts causés au XIXe siècle.

Le cycle du hanneton
Le 19 mai 1867, Hippolyte Cocheris, maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, présentait à son conseil municipal un exposé sur les nuisances alors causées à la commune par les hannetons et la manière d’y remédier. Il faut se souvenir qu’à cette époque, notre commune était un petit village rural qui vivait principalement de l’agriculture et de l’exploitation forestière. Ce texte est savoureux :
« Dans ces dernières années, les hannetons se sont tellement multipliés dans le département de Seine-et-Oise, notamment dans l’arrondissement de Corbeil, que les cultivateurs s’en sont vivement émus. En effet, les champs, les jardins, les bois, sont ravagés périodiquement par ces insectes et leurs larves, les vers blancs, qui détruisent une grande partie des récoltes, dévorent les racines des arbres et occasionnent des pertes vraiment regrettables.
C’est donc le cas d’attirer sur cet objet l’attention de l’administration et en particulier du conseil général de Seine-et-Oise.
Le seul moyen efficace reconnu pour la destruction de ces insectes si nuisibles, est d’opérer dans chaque commune, avec énergie et ensemble, le hannetonnage, qui consiste à saisir le moment où le hanneton endormi sur les arbres, de 8 heures du matin à 5 heures du soir, est facile à récolter et à anéantir. Cette opération se fait dans plusieurs pays avec un grand succès, et en une seule année, on peut détruire ces coléoptères pour longtemps, attendu que ceux qui restent se reproduisent très lentement.
La dépense est assez minime si on la compare à la perte considérable occasionnée presque annuellement par ces insectes.
Une somme, en moyenne de 3 à 400 f* par commune, serait suffisante. Le hanneton ramassé se paie ordinairement de 4 à 5 f l’hectolitre, ou de 4 à 5 centimes le litre. Chaque litre contient 150 hannetons, dont 1/2 de femelles, qui pondent chacune environ 30 œufs. Par conséquent, on pourrait détruire, par hectolitre, 225 000 œufs, ou vers blancs environ, pour 40 à 50 f à payer aux hannetonneurs. Le hanneton sortant de terre du 20 avril au 15 mai et ne vivant que quelques jours, c’est à cette époque qu’il faut se tenir prêt à le détruire.
Pour arriver à ce résultat si désirable, il faudrait autant que possible que toutes les communes de Seine-et-Oise prissent part à une opération d’ensemble, ou au moins par groupes de communes, puisqu’il est avéré que le hanneton s’éloigne peu de son lieu de naissance. »
Le maire émit alors le souhait que le conseil général de Seine-et-Oise vote lors de sa prochaine séance des fonds en faveur des communes s’engageant dans la lutte contre les hannetons, afin que leurs conseils municipaux puissent ensuite voter des fonds complétant l’allocation départementale.
Son conseil municipal, considérant que le hanneton et sa larve le ver blanc est un des insectes nuisibles le plus redoutable pour la culture des champs, des prairies, des jardins, des pépinières et des bois, qu’il s’est multiplié d’une manière inquiétante depuis plusieurs années, que le seul moyen de destruction véritablement efficace est le hannetonnage pratiqué au moment où cet insecte sort de terre vers la fin d’avril, que c’est l’an prochain au printemps que ces coléoptères se produiront à la lumière, qu’il est nécessaire d’être prêt à les détruire à cette époque, en conclut qu’il était effectivement utile qu’une majorité des communes de Seine-et-Oise se joignent à cette opération de hannetonnage, encouragées financièrement par le conseil général de ce département, et émit le souhait à l’unanimité que des fonds soient votés à cet effet lors de la prochaine session de ce conseil général.

Hannetonnage
On ne sait combien de hannetons génovéfains furent détruits grâce à cette méthode, mais des résultats impressionnants furent obtenus dans d’autres régions suite à la création d’un syndicat de hannetonnage, à titre d’exemple 77 tonnes de hannetons sur les 11 communes d’un canton de Mayenne en 1887, 23 tonnes dans une commune de l’Orne en 1889, 5 297 tonnes de hannetons pour toute la France en 7 ans.
Ultérieurement, la découverte d’un champignon parasite du ver blanc permit de mettre au point un moyen de lutte biologique efficace contre cet insecte, puis différents insecticides chimiques permirent de réduire considérablement ses ravages, et le hannetonnage manuel fut abandonné.
Avec la transformation de notre commune d’un village rural vivant de l’agriculture et de l’exploitation du bois à une ville de banlieue encore largement pavillonnaire, les ravages des hannetons mettant en péril les moyens de subsistance de ses habitants semblent bien loin, ces insectes s’attaquant de nos jours principalement aux jardins. Mais ces ravageurs ont malheureusement été remplacés par d’autres fléaux, chenilles processionnaires et frelons asiatiques, que nous avons nous aussi bien du mal à combattre.
Notes :
* Environ 700 à 950 €
HANNETONNAGE. (h est aspirée.) n. m. Chasse aux hannetons. Il se dit spécialement de la Destruction des hannetons ordonnée par l’administration. Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition (1935)
Sources :
- Comptes-rendus du Conseil Municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois de l'année 1867
- Sellier D., Madrolles F., 2023. Synthèse de l’exploration de données «anciennes» sur les hannetons : avec un focus particulier sur les départements de l’Oise et de la Seine-et-Marne. Les Dossiers Forestiers n° 31, Office national des forêts, 68 p.
- F.-A. Pouchet. Histoire naturelle et agricole du hanneton et de sa larve, ou Traité de leurs moeurs, de leurs dégâts, et des moyens de borner leurs ravages. 1853.Imprimerie H. Rivoire, Rouen.
- André Fougeroux. Le Hanneton et la Lemoultine. Insectes - n°217 juin 2025 p.11 & 12.
- Louis-Michel Nageleisen Joseph Meyer. Essaimage massif dans l'Est de la France en mai 2015. Juillet 2015, Ephytia, INRAE.
- Adrien Simon. Etat des connaissances sur la répartition des espèces de hannetons de la sous-famille des Melolonthinae en Normandie (Coleoptera). L’entomologiste Haut-Normand -2015- p. 2 à 16.
Illustrations:
- Le cycle du hanneton, Edmund Reitter, in Fauna Germanica, Die Kafer des Deutschen Reiches. I & II. Band. Farbendrucktafein von Dr. K.G. Lutz. K.G. Lutz’ Verlag, Stuttgart 1908. Wikimedia commons
- Hannetonnage, in Sciences naturelles, zoologie botanique, classe de 5ème, première année EPS. G. Bourreil, E. Lasnier, 1937.
MARS 2026
Qu’en-dira-t-on sur le canton
Le canton est l’une des divisions électorales et administratives nées de la révolution française, au côté des départements, des arrondissements (alors appelés districts) et des communes.

Sainte-Geneviève-des-Bois fit partie du canton de Montlhéry de 1793 à 1801, lorsque notre commune fut intégrée au canton de Longjumeau. Montlhéry perdit la même année son statut de chef-lieu de canton et fut rattachée à celui d’Arpajon.
Cependant, au cours du 19e siècle, Montlhéry souhaita avoir de nouveau son propre canton et le conseil municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois, consulté au sujet d’une telle possibilité en 1870, fit part de son enthousiasme à cette idée qui servait selon eux l’intérêt des habitants de notre commune.

Les cantons avaient à cette époque non seulement une fonction électorale mais également économique et judiciaire. Les villageois se déplaçaient alors principalement à pied, le cheval ou la carriole étant réservés aux plus aisés. Lorsqu’il n’existait pas de transport public, se rendre à plusieurs kilomètres de son domicile pouvait faire perdre la journée et générer des frais supplémentaires s’il fallait passer la nuit sur place.
Le 26 juin 1870, le conseil municipal se réunit donc à la demande du sous-préfet afin de donner son avis sur le projet de création d’un nouveau canton à Montlhéry :
« Le conseil municipal prenant en considération que déjà les habitants de cette commune au nombre de 83* ont approuvé la pétition des habitants de Montlhéry adressée à l’autorité supérieure ayant pour objet la création du nouveau canton qui aurait pour chef-lieu la ville de Montlhéry.
Après en avoir mûrement délibéré, avoir longuement discuté, en présence des plus imposés, dûment appelés,
Considérant que la commune de Ste Geneviève n’est qu’à 4 kilomètres seulement de cette ville [Montlhéry] et qu’elle est au contraire à 10 kilomètres du chef-lieu de canton actuel [Longjumeau],
Que cet éloignement du chef-lieu est la cause essentielle et légitime de l’abandon de fait du chef-lieu de canton,
Que c’est au contraire à Montlhéry que les habitants de la commune ont toutes leurs relations d’affaires et d’intérêts,
C’est dans cette ville qu’ils trouveront deux percepteurs des impôts, notaires, huissiers, bureau de poste, télégraphie électrique, un hospice richement doté, des pensions pour les deux sexes**, une caisse d’épargne, etc., etc.
Surtout un marché très important. Deux fois par semaine ils peuvent prendre connaissance du cours des denrées, vendre et acheter grains, bestiaux, volailles, fourrage, beurre, œufs, fromage, légumes, etc.,
Que la ville de Montlhéry pour conserver ces relations et les rendre plus faciles, fait profiter les habitants de la commune et des environs du service des omnibus du chemin de fer de St Michel, aller et retour ; Que la route qui conduit à St Michel est bordée d’arbres qui protègent les voyageurs à pied ; Que la ville de Longjumeau au contraire à près de 10 kilomètres de distance et n’a fait établir aucun moyen de communication par aucune voiture publique sur une longue route, sans arbres, très mal étudiée et pénible pour les voitures sous le rapport du nivellement ; Qu’enfin, si on a besoin de se présenter, soit à la justice de paix, soit pour le recrutement et la révision, on est forcé de perdre toute une journée pour se trouver dans une ville dont on ne connaît pas les ressources, puisqu’il n’y a aucune relation suivie, ce qui rend ces voyages aussi onéreux qu’ils sont pénibles et fatigants : Tout vu et discuté, le conseil municipal émet le vœu, à l’unanimité, qu’un nouveau canton soit formé à Montlhéry. »
On le voit, le conseil municipal de notre commune était tout acquis à la création de ce nouveau canton qui ne vit malheureusement pas le jour. Sainte-Geneviève-des-Bois resta attachée au canton de Longjumeau jusqu’en 1967, date à laquelle elle devint le chef-lieu du canton nouvellement créé portant son nom. Depuis le 1er janvier 2016, ce canton comporte, outre notre commune, les villes de Morsang-sur-Orge, Villemoisson-sur-Orge et Villiers-sur-Orge.

En 1967, Montlhéry redevint enfin le chef-lieu de son propre canton. Ce dernier fut cependant supprimé par la réforme territoriale de mars 2015, et depuis le 1er janvier 2016, Montlhéry fait partie du canton de Longjumeau, qui fut jadis sa rivale dans le cœur des Génovéfains !
Notes :
* Il s’agit des hommes adultes de plus de 25 ans et de nationalité française habitant la commune.
** Lieux d’hébergement pour hommes et femmes, sans qu’il soit précisé s’il s’agit de pensions mixtes ou d’établissements séparés.
Sources :
- Comptes-rendus du Conseil Municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois de l'année 1870
- Archives Nationales, salle de lecture virtuelle
- Site de l’Insee
- Portail Persée
- Site vie-publique.fr : Organisation territoriale : les apports de la Révolution française
- Site legifrance.gouv.fr
- Archives Départementales de l’Essonne
- Wikipedia
FEVRIER 2026
Quand la petite histoire rejoint la grande….
L’ exposition universelle de 1867 qui se tenait sur le Champ-de-Mars à Paris fut l’occasion pour l’empereur Napoléon III* d’accueillir diverses têtes couronnées dont le tsar Alexandre II**.
Le 6 juin, celui-ci, accompagné de ses deux fils, se trouvait en voiture découverte en compagnie de Napoléon III, en route vers une revue des troupes au bois de Boulogne, lorsqu’il fut victime d’une tentative d’assassinat.
Il en sorti indemne et l’auteur de l’attentat fut arrêté immédiatement***.
Durant le mois de juin de nombreuses

Image d’Epinal illustrant l’attentat du 6 juin 1867
communes se manifestèrent pour réprouver l’attentat et témoigner de leur indignation.
Sainte-Geneviève-des-Bois fut particulièrement réactive car son maire, Hippolyte Cocheris, convoqua les membres du conseil municipal en séance extraordinaire dès le dimanche 9 juin à 14 heures, afin de délibérer « pour formuler une adresse à sa Majesté l’Empereur [Napoléon III], au sujet de l’odieux attentat du 6 juin 1867 ».
Cette séance se déroula comme suit, d’après son compte-rendu :
« M. le Maire annonce à l’assemblée qu’un attentat a été commis sur la personne de l’Empereur de Russie et qu’il croit convenable de rédiger une adresse à sa Majesté l’Empereur pour lui exprimer la part que les habitants de la commune ont pris à ce fâcheux évènement.
Le conseil municipal décide qu’il sera envoyé immédiatement à l’Empereur l’adresse suivante :
Sire, le conseil municipal de Ste Geneviève des bois n’a pas appris sans une vive émotion l’acte insensé qui a failli coûter la vie à l’un des augustes hôtes de votre Majesté.
Il n’est permis à personne, pour quelque cause que ce soit, d’attenter à la vie de son semblable, à plus forte raison de ceux que la Providence a chargé du grand et noble rôle de Père de la Patrie.
La Capitale d’un pays hospitalier comme la France ne pouvait être le témoin indifférent d’un crime aussi odieux dans son principe qu’il eût été terrible par ses conséquences.
Le conseil municipal de Ste Geneviève, heureux de n’avoir à déplorer qu’une tentative sans résultat s’associe aux douloureuses émotions qu’a dû éprouver l’Empereur, et le prie d’agréer l’hommage du profond respect avec lequel ses membres ont l’honneur d’être, de sa Majesté, les très humbles et très obéissants serviteurs. »

Signatures du compte rendu de la séance extraordinaire du dimanche 9 juin 1867 par le maire Hippolyte Cocheris et les conseillers municipaux présents
Le conseil décida que cette lettre serait envoyée immédiatement au ministre de l’intérieur afin d’être remise à l’Empereur Napoléon III et qu’une copie de leur délibération serait adressée au sous-préfet. La séance, dont la rédaction de l’adresse à l’empereur constituait l’unique ordre du jour, fut levée à 14 heures 45, après signature du compte rendu de la séance par tous les présents.
L’indignation du maire et de ses conseillers semble sincère, même si du fait du contrôle étroit exercé par les préfets sur les communes sous le troisième empire (ce sont eux qui nomment les maires), mieux valait faire preuve d’empressement et d’attachement au régime dont les candidats étaient évidemment favorisés. Lors de leur installation, les nouveaux maires devaient d’ailleurs faire allégeance non seulement à la constitution mais également à Napoléon III.
Ainsi le 24 septembre 1865, Hippolyte Cocheris, « nommé maire de la commune de Ste-Geneviève-des-Bois par arrêté du préfet de Seine-et-Oise en date du 15 septembre » (il s’agit de son premier mandat, il en fera 3 autres, dont le dernier interrompu par son décès), avait prêté le serment suivant : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l’empereur », puis avait reçu le même serment d’Henri Delagenière nommé adjoint par le même arrêté. Ces formalités remplies, le Maire et l’adjoint régulièrement installés pouvaient entrer en fonction conformément à la loi.
Hippolyte Cocheris avait alors adressé quelques mots aux conseillers municipaux sur les devoirs que lui imposait sa nouvelle charge et « sur la nécessité d’une entente cordiale parfaite entre eux et lui », suggérant ainsi l’existence de divergences entre les différentes parties, qui ne semblèrent cependant pas empêcher une belle unanimité dans la rédaction, deux ans plus tard, de la lettre du conseil municipal à l’empereur.
Notes :
* Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, emporta les élections après la révolution de 1848 et devint le premier président de la République française avant d’organiser un coup d’état fin 1851 et de se faire proclamer empereur en 1852 sous le nom de Napoléon III.
** Alexandre II fut tsar de Russie de 1855 à 1881. Il fut l’objet de 12 tentatives d’assassinat dont la dernière entraîna son décès le 13 mars 1881.
*** Antoni Berezowski, était un patriote polonais qui tenta à 20 ans d’assassiner le tsar pour libérer sa patrie. Sérieusement blessé à la main par l’explosion du canon de son arme, il fut immédiatement arrêté. Défendu par l’avocat Emmanuel Arago, il sauva sa tête, ce qui entraîna des tensions entre la France et la Russie, et fut condamné au bagne et déporté sur l'île de Nou en Nouvelle-Calédonie. Amnistié par le gouvernement Clemenceau en 1906, il resta en Nouvelle-Calédonie et mourut 10 ans plus tard à l’hôpital du Marais sur l’île de Nou en état d'aliénation.
Sources :
- Comptes-rendus du Conseil Municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois des années 1865 et 1867
- Lettres à l’empereur envoyées par diverses communes :
- Bethune
- Antoni Berezowski : https://criminocorpus.hypotheses.org/138579
- Les maires sous le troisième empire :
https://clespourlhistoire.ac-besancon.fr/le-president-de-la-republique-nomme-les-maires/
https://www.francegenweb.org/mairesgenweb/documents.php
- Image d’Epinal : Wikimedia commons et le musée de l'image de la ville d'Epinal
JANVIER 2026
Une horloge pour tous les génovéfains !
Au XIXe siècle, seules les personnes ayant une certaine aisance possédaient une montre. Dans les campagnes, les moins riches, paysans et artisans, comptaient sur la course du soleil et les cloches sonnant les offices et les prières au long de la journée pour se repérer, car tous les villages ne possédaient pas une horloge sonnant les heures.
Ce fut le cas de Sainte-Geneviève-des-Bois où, jusqu’au début des années 1860s, aucune horloge publique ne rythmait la vie des habitants.
Le 5 juillet 1863, les membres du conseil municipal de notre commune, réunis en conseil extraordinaire sous la présidence du Maire Louis Michel Bisson « reconnaissant le besoin tant pour le pays que pour les nombreux ouvriers qui travaillent dans les champs ou dans les bois d’une horloge placée à l’église demandent que la commune soit autorisée à s’imposer extraordinairement en 4 années pour l’acquisition d’une horloge et du placement à en faire à l’église. »
A cet effet est votée la somme de 1888,19 francs* pour cette acquisition avec intérêts à 4 ½ % à payer au fournisseur, recouvrable en 1864, 1865, 1866 et 1867 par tranches de cinq cents francs pour chacune des trois premières années et 388,19 francs pour la 4e année.

Comme on le voit, cette horloge, jugée nécessaire pour le bien public, constituait une grosse dépense pour la commune, alors petit village de 300 habitants au budget serré l’obligeant parfois à reporter certaines dépenses non essentielles, puisqu’elle la paie en 4 fois, avec intérêts. A cela s’ajoutait annuellement le salaire du « monteur d’horloge » (qui s’occupait de la remonter régulièrement) et son entretien.
On peut imaginer la satisfaction des habitants lors de l’installation de l’horloge dans l’église, alors située à l’emplacement du parking du magasin Carrefour, qui allait leur permettre de connaître l’heure tout au long de la journée en sonnant les heures.
Ancienne église de Sainte-Geneviève-des-Bois
Malheureusement, en août 1875, la foudre frappa le clocher de l’église. Le 30 octobre 1877, le conseil municipal, présidé par le maire Hippolyte Cocheris, décida de donner priorité à la construction du clocher de la nouvelle église destinée à remplacer l’ancien édifice trop endommagé, afin de profiter de la présence d’échafaudages pour y transférer directement l’horloge et la cloche, évitant ainsi des frais supplémentaires.

Cadran de l'horloge
de l’actuelle église Sainte Geneviève
Une somme de deux mille francs fut donnée à la fabrique (association paroissiale dont le conseil gérait les biens de l’église) « pour participer à la construction du clocher, à la condition que l’horloge soit remontée de façon à être établie sur deux pans du clocher et visible dans les champs situés au midi et à l’occident de l’église. » (c’est-à-dire au sud et à l’ouest).
Cependant un mois plus tard, le 18 novembre 1877, la condition imposée de faire deux cadrans fut remplacée par l’obligation suivante, probablement en raison des coûts liés à un deuxième cadran alors que les dégâts occasionnés à l’horloge et son cadran par la foudre entraînaient des dépenses supplémentaires: « la fabrique devra se charger des travaux de réparation, de dépose et de repose de l’horloge et du cadran. »
De nos jours une horloge donne toujours l’heure sur la nouvelle église construite en 1877, dont l’architecture intègre un emplacement spécifique pour son cadran sur la façade.
* Environ 4500 €
Sources :
- Registre des procès-verbaux du conseil municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois années 1863 et 1877
- https://www.horloge-edifice.fr/Histoire/Histoire_Sociale.htm
- Carte postale ancienne : collection privée